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Indicateurs/Références
07/11/2017

Baisse du nucléaire : "2030 ou 2035 est une échéance sur laquelle on va travailler", annonce Nicolas Hulot

Ce mardi, le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot a annoncé que l’objectif de ramener la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50% d’ici 2025 ne serait pas atteint. Il assure toutefois qu’il ne s’agit pas d’une reculade, mais d’une preuve de réalisme, et table sur 2030/2035 au micro de Public Sénat. Par Alice Bardo...

« On ne revient pas sur les objectifs, on les rend tous compatibles », assure Nicolas Hulot au micro de Public Sénat. Le ministre de la Transition écologique considère que « 2030 ou 2035 » est une échéance plus réaliste que 2025 pour ramener la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50%, d’où son annonce à ce propos ce mardi.
« On va maintenir cet objectif de 50% mais le rendre réalisable, le repositionner dans le temps », insiste-t-il pour contrer les accusations de « reculade » à son encontre.

Pour calmer les écologistes plutôt échauffés par cette décision, il tient à rappeler qu’il « ne revient pas sur l’objectif de fermer les centrales à charbon en 2022 » et que le gouvernement « programme la sortie des hydrocarbures et la fin des centrales thermiques, ce que pas beaucoup de pays ont fait ».

Au passage, le ministre en profite pour tacler ses prédécesseurs afin d’appuyer ce changement de calendrier : « C’est facile de fixer des objectifs et de ne pas regarder si c’est faisable, ou du moins si c’est faisable sans conséquences. »

Au Sénat pour défendre le projet de loi sur les hydrocarbures, Nicolas Hulot a également été interrogé sur les dérogations à l’interdiction de ces substances, adoptées lors du passage du texte à l’Assemblée. Il assure n’avoir accepté « aucun recul » mais « fait en sorte que le texte ne soit pas retoqué au Conseil constitutionnel ». « On aurait été condamnés à de lourdes indemnités », tient-il à préciser.

Et de conclure : « Il y a ceux qui vont juste regarder les deux trois gouttes de pétrole qui vont passer à travers ce projet de loi mais ce qui serait bien c’est de voir plutôt qu’il s’agit d’un texte inédit qui nous met en ordre de marche pour préparer la sortie des énergies fossiles. »

-> Retrouvez l’interview de Nicolas Hulot par Public Senat

 

Réseau Action Climat : "Nicolas Hulot recule sur la loi sur la transition énergétique"

En pleine COP23, Nicolas Hulot a acté ce matin une reculade sur les objectifs de la transition énergétique, réagit le Réseau Action climat. "Alors que la France a pris du retard dans le développement des énergies renouvelables et peine à atteindre ses objectifs de rénovation énergétique des logements, et qu’aucune action concrète n’a été menée jusque-là pour fermer des réacteurs nucléaires, l’inaction serait-elle à nouveau à l’ordre du jour ?

L’argument selon lequel il faudrait choisir entre le nucléaire et la crise climatique ne tient pourtant pas car plusieurs scénarii énergétiques existants permettent de respecter à la fois les objectifs de baisse du nucléaire, de réduction des émissions de gaz à effet de serre, de développement des énergies renouvelables et d’efficacité énergétique, notamment le scénario de référence officiel de la France1 et le scénario négaWatt2.
Par ailleurs, le bilan prévisionnel 2035 de RTE présenté ce matin confirme que les progrès réalisés en termes d’efficacité énergétique (équipements consommant moins d’électricité, rénovation des bâtiments...) vont entraîner une baisse durable de la consommation d’électricité en France, même avec une croissance du nombre de véhicules électriques. En revanche, cet exercice RTE surestime les exportations d’électricité, augmentant artificiellement les besoins de production d’électricité. 

Faire traîner le désengagement du nucléaire, c’est mettre en péril le développement des filières d’avenir et créatrices d’emplois que sont les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, et laisser la place aux énergies fossiles, dangereuses pour le climat, pour pallier aux défaillances du nucléaire vieillissant qui ne manqueront pas de se produire, comme ce fut le cas l’hiver dernier avec un impact climatique désastreux. 

Nous en appelons au Président de la République et au gouvernement pour qu’ils respectent, comme Emmanuel Macron s’y était engagé, les objectifs de la loi sur la transition énergétique. " 

 

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