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11/04/2017

Biodiversité, un credo qui fait consensus à Orléans

Les élus du conseil municipal d'Orléans ont acté à l'unanimité, sauf l'abstention des deux élus du Front National, le renforcement de la stratégie de préservation et de restauration de la biodiversité sur son territoire, présentée par l'adjointe Stéphanie Anton. Avec le soutien appuyé du député et ancien maire, Serge Grouard, qui parle d'un enjeu fondamental... Les habitants sont invités à s'impliquer dans la mise en oeuvre de cette stratégie, notamment à travers les programmes de sciences participatives qui seront organisés par le futur MOBE (muséum d'Orléans pour la biodiversité et l'environnement). D'ores et déjà un appel à projets citoyens vient d'être lancé.

Serge Grouard : "Le développement durable est l’enjeu majeur de ce siècle"

"Il fut un temps où, lorsque l’on parlait de biodiversité, cela prêtait à sourire. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, et je me félicite de l’évolution des mentalités. D’autant plus que c’est un sujet fondamental car il y a eu un véritable massacre de la biodiversité dans le monde comme l’a montré le WWF, une ONG très sérieuse. La moitié de la vie a disparu de la planète au cours des dernières cinquante années. Cela devrait peut-être nous amener à modifier la hiérarchie dans les sujets à aborder car c’est tout un capital que l’on est en train de perdre de façon irréversible. Le développement durable est l’enjeu majeur de ce siècle. Le MOBE va avoir un rôle essentiel dans une logique de contribution scientifique. Il devrait permettre de rayonner au-delà la ville seule".

Ces propos de haute responsabilité ont été tenus ce lundi 10 avril par Serge Grouard en session publique du conseil municipal d’Orléans, alors que l’adjointe Stéphanie Anton, déléguée au développement durable, venait de présenter la nouvelle stratégie de la ville en faveur de la préservation et de la reconquête de la biodiversité.
Stéphanie Anton a d’ailleurs rendu hommage à l’ancien maire, toujours conseiller municipal et toujours député, pour avoir initié ce nouveau credo orléanais.
"C’est une question de survie de l’espèce humaine",
ajoutera Jean-Michel Vinçot, conseiller municipal délégué à la biodiversité.

Serge Grouard a stigmatisé les remembrements et l’assèchement des mares - "qui n’avait même aucune utilité économique" - au nom d’"une rationalisation aux conséquences imbéciles".
Les tenants de la pensée pseudo-rationnelle en prendront pour leur grade.
Et l’ancien président de la commission développement durable de l’Assemblée nationale d’inciter la ville et l’agglo à végétaliser les trémies et les ponts. "On peut habiller avantageusement du béton qui est parfois très moche. La végétalisation c’est beau et ça absorbe aussi beaucoup de poussières", estime Serge Grouard.

Et d’inviter le président de l’agglomération, Charles-Eric Lemaignen, à engager ce type de démarche le long de la tangentielle : faire partout des jachères fleuries, comme naguère sur le pont Joffre. "Je suis sûr que cela aurait le mérite de ralentir les automobilistes autant que les radars", ajoute Serge Grouard non sans une pointe d’humour. Charles-Eric Lemaignen se dit d’autant mieux convaincu que... la tangentielle est du ressort du Département ! Une façon de se défausser ? L’avenir le dira.

Le soutien des élus de gauche
Quant au Département il faut savoir qu’il continue de déployer son Agenda 21 et vient de soutenir une opération d’éco-pâturage dans une petite commune. Juste avant que la ville d’Orléans engage la première opération du même type, depuis ce vendredi (nous en reparlerons).

Pour revenir à la stratégie biodiversité "opérationnelle, partagée et co-construite avec l’ensemble des directions de la mairie", comme l’a souligné Stéphanie Anton, "C’est une très bonne idée", conviennent les élus du rassemblement de la gauche par la voix de Corinne Leveleux-Teixeira. "Et on la soutient totalement’, précise le communiste Michel Ricoud.
L’écologiste Jean-Philippe Grand se dit curieux de connaître les détails de la stratégie. Et Corinne Leveleux-Teixeira demande comment la ville va faire pour sensibiliser le plus largement possible la population.

Bobos ou simplement citoyens réalistes et responsables ? En tout cas, "on constate une appétence de plus en plus marquée des gens pour le jardin, comme il a été possible de le vérifier ce week-end au parc floral, y compris dans les milieux les plus urbains", commente le député-maire Olivier Carré pour reprendre la main et prendre position lui aussi : "Inciter les habitants à végétaliser la ville, c’est un beau projet".

Un appel à projets citoyens

 

La nouvelle stratégie biodiversité s’accompagne dans un premier temps d’un appel à projets citoyens, baptisé "Cultivons notre ville", car il fait le lien entre nature et culture, souligne Stéphanie Anton. 
Cet appel projets est doté d’une enveloppe de 40.000€.
Le dépôt des candidatures est ouvert jusqu’en septembre.

Seuls les deux élus frontistes s’abstiendront d’approuver les projets présentés. François de Bellabre déplore l’information confidentielle autour du du jury de l’appel à projets, dont il aurait bien aimé faire partie.


Du côté des citoyens, peu importe qui fait, l’essentiel c’est que ce soit fait, comme en matière de mobilité : c’est globalement ce qu’il ressort d’une enquête réalisée auprès d’un panel d’habitants de l’agglO, suite à la COP 21 à Paris, où la Ville d’Orléans était présente.
Par exemple, si la qualité de l’air est la préoccupation première des habitants, la problématique des déchets est située assez haut également.

Patrice Dézallé

En bref

Orléans, Territoire à énergie positive : 148.000€ de plus. Reconnu "Territoire à énergie positive pour la croissance verte", ce qui lui avait valu de recevoir une enveloppe de 500.000€ de la part de l’Etat pour participer au financement de projets en rapport (chaufferie biomasse, réduction de l’éclairage public, etc.) Orléans a bénéficié d’une deuxième enveloppe, de 148.000€ au titre de la 2e vague de financement de projets. En l’occurrence il s’agit de favoriser le développement de la mobilité électrique. Orléans va ainsi acquérir 3 véhicules électriques et installer une dizaine de bornes de recharge.

Pollution et gratuité des transports.
Dominique Tripet (front de gauche) a une nouvelle fois interpellé Chartres-Eric Lemaignen afin que l’AgglO décide de rendre les transports communs gratuits en cas de pic de pollution. Le président de l’AgglO, pour qui "la gratuité ça n’a pas de prix mais ça a un coût", ne veut pas décider sans un préalable : une décision de la préfecture. Une façon de se défausser que n’apprécie par Jean-Philippe Grand.

Pistes cyclables : des améliorations possibles mais 412km quand même. Sur la qualité des pistes cyclables dans l’agglo, "je suis d’accord qu’il y a des progrès à faire", admet Charles-Eric Lemaignen, en réponse à une autre remarque de Dominique Tripet. Il rappelle qu’il y a quand même déjà 412 km de pistes aménagées ce qui place l’AgglO sur le podium des agglos françaises.

 

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