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Enjeux/Débats
18/11/2017

COP23 : des conclusions sur l’ambition climatique, mais l’action des Etats n’est pas encore au rendez-vous

Alors que les négociations des Nations unies sur le climat viennent de se conclure, le WWF reconnaît les progrès réalisés vers plus d’ambition climatique jusqu'en 2020 et au-delà, mais il rappelle que 2018 sera une année clé pour que les Etats parties revoient à la hausse leurs plans climatiques. Le WWF exhorte les Etats à résoudre les problèmes encore en suspens. Pour l'équipe Climat de Greenpeace, "les négociations s’achèvent, une nouvelle fois, sur de beaux discours et des promesses de faire plus et mieux"

Un an après l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris, les Etats ont pu lors de ces deux semaines de négociations à la COP23 trouver un accord sur des sujets clés liés à le renforcement de l’action climatique et du financement à court terme avant 2020, ainsi que sur le rôle du genre, des communautés locales et des peuples autochtones dans l’action climatique.
Cependant, beaucoup reste encore à faire pour assurer que la courte fenêtre d’opportunité dont nous disposons nous permette d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat.
Les gouvernements doivent renforcer l’action immédiate pour le climat, finaliser les règles d’application de l’Accord de Paris et décider collectivement de revoir et renforcer l’ambition immédiate des engagements pris à court-terme par les pays d’ici 2020.

Dès le début, les paradoxes de cette COP ont été stupéfiants. Les négociateurs se sont réunis à Bonn sous la présidence fidjienne et, alors que les Etats délibéraient sur leurs actions futures, les villes, les acteurs locaux, les entreprises et les communautés ont intensifié leurs efforts pour mettre en oeuvre l’Accord de Paris.
Mais malgré l’élan constaté dans les couloirs de Bonn, les pays sont toujours à la traîne. Dans une année marquée par des catastrophes climatiques extrêmes et potentiellement la première augmentation des émissions de gaz à effet de serre en quatre ans prévue pour 2017, le paradoxe entre ce que nous faisons et ce que nous devrions faire est clair : les pays doivent agir avec une plus grande ambition climatique, et bientôt, nous mettre sur une trajectoire vers un futur de 1,5°C
”.

Manuel Pulgar-Vidal, directeur du programme mondial climat et énergie du WWF.

La France, par la voix du Président de la République, doit mener l’Europe vers une ambition à la hauteur de l’enjeu climatique, et ce dès le One Planet Summit du 12 décembre à Paris. Dans ce contexte, le WWF attend que la France accélère à domicile la transformation nécessaire liée à l’énergie, la mobilité, l’agriculture et l’alimentation. Sur ces trois fronts, des engagements doivent être poursuivis ces prochains mois pour véritablement tenir la trajectoire de neutralité carbone.

Pascal Canfin, directeur général du WWF France

De nombreux facteurs auraient pu faire de cette COP23 une COP de retour en arrière : la position Etats-Unis, la potentielle augmentation des émissions de gaz à effet de serre en 2017, le recul du gouvernement français sur sa trajectoire de transition énergétique, le retour du clivage Nord-Sud. Malgré tout cela, la COP23 a pu se conclure aujourd’hui avec un accord sous la présidence Fidjienne.
Cette première « COP du Pacifique » n’a toutefois pas pu apporter de garanties pour répondre à l’urgence climatique. Tout repose donc maintenant sur l’année 2018, dont la COP23 a fixé les grandes étapes, et qui doit aboutir à des engagements climatiques plus ambitieux de la part des Etats, avant que l’Accord de Paris entre en plein fonctionnement en 2020
.”

Dans ce contexte, l’Union européenne doit reprendre le flambeau de l’action climatique mondiale. Pour avancer vers une transition énergétique à domicile, la France et l’Allemagne doivent être moteurs pour porter l’ambition de l’Accord de Paris au niveau européen et profiter de 2018 pour relever les engagements climatiques de l’UE.
Le paquet « Une énergie propre pour tous les Européens », le règlement sur le partage de l’effort climatique, ainsi que les futures discussions sur la réforme de la Politique Agricole Commune et sur la mobilité bas-carbone sont autant d’opportunités à saisir pour fixer un cadre solide et dynamique vers la neutralité en gaz à effet de serre en Europe d’ici 2050.

Pierre Cannet, responsable des programmes Climat, Énergie et Villes durables au WWF France

En ramenant l’attention sur l’action immédiate à mener avant 2020, et en s’accordant sur le format d’un processus de revue et d’amélioration de l’ambition climatique à travers le Dialogue, dit, “de Talanoa”, la COP23 a posé d’importants jalons qui participent à poursuivre l’esprit constructif de l’Accord de Paris. Mais le succès est encore loin d’être garanti.
La présidence polonaise à venir de la prochaine COP doit appuyer, et même viser à renforcer, les efforts de la présidence Fidjienne pour accélérer les progrès vers la finalisation des règles d’application de l’Accord de Paris pour sa pleine mise en oeuvre et assurer un financement prévisible pour les pays en développement, y compris sur les questions des pertes et dommages.

 

Les pays ne sont pas les seuls à prendre des actions. A travers le Partenariat de Marrakech pour l’Action Climatique des Nations unies, les efforts en cours des gouvernements locaux et des acteurs non-étatiques, y compris les villes, les régions, les entreprises, les investisseurs et la société civile, ont été sous les projecteurs pour dynamiser l’action climatique à la COP23 à Bonn.
En ce sens, le PandaHub - pavillon du WWF à la COP23 - a accueilli tout un programme de dialogues et d’événements afin de montrer la valeur de la collaboration et de l’innovation pour un avenir durable et résilient pour tous.

 

 Greenpeace : "Continuons à pousser dans le bon sens"

Ces dernières semaines, des rapports et des études scientifiques ont pourtant confirmé ce que l’on savait déjà : les promesses de l’Accord de Paris sont loin d’être suffisantes pour éviter un emballement climatique.
En 2017,
les émissions de CO2 ont augmenté pour la première fois en trois ans. On assiste à des records de chaleur jamais enregistrés dans certains pays et les phénomènes climatiques extrêmes se multiplient, faisant des milliers de déplacés ou de victimes.
Les engagements des pays nous conduisent à un réchauffement de 3 °C au lieu du 1,5 °C qu’il faudrait tenir.

Alors la partie est-elle perdue ? Non, heureusement.


À condition de se retrousser les manches et de ne plus se contenter de promesses creuses.
C’est en ce sens que
des plaintes juridiques se multiplient dans le monde, comme en Norvège, pour tenir les États ou les entreprises responsables des atteintes au climat. C’est aussi pour cela que nous avons continué, à Bonn, à exhorter les États à cesser le soutien aux énergies fossiles ou aux fausses solutions dangereuses, comme le nucléaire, et à relever leurs ambitions en matière de réduction des gaz à effet de serre.

Il s’agit aussi de soutenir les énergies renouvelables, dont le développement n’a jamais été aussi important partout dans le monde. Il faut également accompagner les changements de modèle agricole et de consommation pour des comportements plus vertueux et respectueux de la planète et du climat. Et bien entendu protéger les forêts car elles sont de véritables puits de carbone, comme la forêt du Congo par exemple.

Chacun-e, à son niveau, peut aussi agir en adoptant des gestes plus responsables.

La France est aujourd’hui à la traîne en matière de développement de l’éolien et du solaire et continue de soutenir une agriculture industrielle dangereuse pour la santé, la planète et le climat, à contre-sens des innovations qui se déploient partout dans le monde et des attentes des consommateur-trice-s.

Ensemble,
continuons à pousser dans le bon sens  ! C’est grâce au soutien financier de nos adhérent-e-s que nous continuons en toute indépendance à défendre notre planète et le futur de nos enfants.

 

 

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