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20/07/2017

Eco-conception : des programmes d’accompagnement pour les entreprises en Centre-Val de Loire

Un programme régional sur l’éco-conception, cofinancé par l’Ademe, a été lancé en région Centre-Val de Loire. Ce programme a été conçu à partir des retours d'expériences dans d’autres régions, en particulier les Pays de Loire, rappelle Dominique Proy, coordinatrice régionale pour le développement durable à la Chambre de commerce et d'industrie régionale.

La définition de l’éco-conception a évolué dans le temps. Elle intègre maintenant les fonctionnalités de base et prend en compte le développement durable, c’est-à-dire le respect de l’environnement, en passant par l’esthétisme, l’ergonomie, et la qualité.

Avec ce constat : après une plusieurs décennies de recul du bois au profit notamment des résines, céramiques et autres plastiques, l’on revient vers une matière première naturelle, performante et souvent d’ailleurs qualifiée de « noble ».
Le bois résiste à la chaleur et au feu, bien mieux que le métal par exemple.
"Nous sommes en train de retrouver nos racines. C’est le moment de remettre le bois en valeur", poursuit Dominique Proy à l’occasion de la remise des Trophées de l’Innovation de la filière forêt-bois commune aux régions Centre et Ouest.

Les contraintes sont une opportunité pour avancer sur l’éco-conception

L’on se rend compte aussi que les contraintes, en particulier réglementaires, permettent d’avancer sur l’éco-conception.
Parmi ces contraintes figurent des formes de discriminations déjà évoquées.

C’est ainsi que dans un rapport sur l’éco-conception issu de l’éco-scénario « ecodesign impact accounting » de la Commission européenne, réalisé à partir de 35 groupes de produits en 2010, l’on constate que le bois n’apparaît pas, tandis que le fer a une place prééminente, à hauteur de 46% des matériaux utilisés devant un ensemble représentant 25%, composé de caoutchouc (75%), verre (15%) et béton (9%).

Dominique Proy en fait la traduction suivante :
"Cela veut dire qu’il y a un potentiel considérable pour le bois comme substitution aux métaux, qui deviennent de plus en plus rares et chers, ainsi qu’aux plastiques, voire au verre dans certaines constructions".
Et "c’est peut-être à nous de faire des propositions aux consommateurs", ajoute-t-elle à l’intention des représentants de la filière, à commencer par Arbocentre, le réseau de la filière forêt-bois en Centre-Val de Loire.
Ce qui fait la boucle avec l’innovation.


Sur 7,3 milliards de tonnes de matériaux utilisés en 2010 dans les 28 Etats membres de l’Union européenne, 49% sont des minerais, alors que l’on note seulement 0,05% de biomasse papier et de caoutchouc naturel !




En éco-conception, la performance environnementale prend plusieurs formes.
Ce peut être un moyen de se différencier de la concurrence (voir les lauréats des Trophées de l’Innovation), ou d’améliorer l’image de l’entreprise, au même titre qu’une politique RSE modernisée.
"Ce n’est pas du green-washing", souligne Dominique Proy. "On respecte l’environnement, les clients. C’est prouvé. Et les institutionnels de la région disent d’ailleurs qu’ils sont prêts à vous accompagner dans ce sens".
Un argument qui ne peut être qu’incitatif.

Acheter et consommer "local", notamment du bois, a un impact positif sur l’environnement et sur la rentabilité. Reste que ce n’est pas toujours facile ni possible.

Comme l’éco-design, l’éco-conception est l’un des piliers de l’économie circulaire. Des logiciels permettent d’effectuer les choix les plus pertinents, en intégrant et en combinant de nombreux paramètres. Lorsqu’on les modifie, on peut comparer les incidences. Par exemple, par rapport à un objectif qui serait de générer le moins de déchets possible.

"L’analyse du cycle de vie (d’un produit ou d’un service) permettrait à beaucoup d’entreprises de gagner du temps et de l’énergie, y compris de l’énergie humaine. Elle incite ou inciterait à revoir certains modes de transport. Voire à repenser des usages. Par exemple, nos smartphones ne servent plus simplement à téléphoner", explique Dominique Proy.

Et pourquoi ces smartphones ne seraient-ils pas enjolivés avec des coques en bois ? Cela irait dans le sens de produits qui se recyclent ou s’éliminent sans problème. En tout cas, l’ACV permet de repérer des marges pour gagner en efficacité, compétitivité et performance économique.

Besoin d’experts

Reste que l’on a besoin d’experts en éco-conception pour faire les diagnostics et voir les points ou les postes à améliorer. Des experts qui soient capables d’utiliser les logiciels appropriés, sans parler pour l’instant du BIM, qui ne semble d’ailleurs pas encore suffisamment utilisé dans la filière bois.
Dominique Proy a d’ailleurs testé un de ces logiciels les plus répandus : SIMAPRO. Elle évoque rapidement les 5 étapes qui permettent de passer de la définition du projet aux solutions simulées.

Certains se diront que c’est du temps perdu. Dominique Proy assure : "Le temps passé sur le logiciel donne une autre dynamique". Et permet de se rendre vraiment compte des enjeux dans les choix de matières, de matériaux, de formes, de conception, etc.
L’on peut ainsi concevoir des meubles qui se montent ou se démontent facilement, avec un impact "allégé" sur la logistique et le transport.

Patrice Dézallé

 

Des logiciels pour estimer le coût financier et le coût CO2
Il existe de nombreux logiciels de simulation, et pas seulement le logiciel SIMAPRO, d’ailleurs réputé pour être un peu compliqué.
"La plupart ont un point commun essentiel : ils déterminent un coût financier et un coût CO2 pour les différentes options techniques possibles. Ils offrent donc une aide précieuse à la décision. Surtout lorsque l’on veut anticiper une éventuelle taxe CO2 et valoriser un choix auprès du public par l’affichage environnemental", indique Dominique Proy, qui fait partie du groupe de travail régional forêt-bois, créé récemment.


Comment accéder à ces outils ? Bien sûr, une entreprise peut investir à son gré. Autres solutions : les CCI ont acheté la licence ou le droit d’utilisation.
Dans le cadre du programme d’éco-conception, elles proposent cde réaliser une étude d’éco-conception qui utilise ces logiciels moyennant une participation de l’ordre de 4.000€ pour tester le produit tout en l’utilisant.
Cécile Goyer, référente régionale pour l’éco-conception, pilote et met en oeuvre ces études. Charge aux entreprises d’investir ultérieurement si elles le jugent nécessaires.
"Quand on fait de l’éco-conception de produit, c’est qu’il y a un marché à conquérir, en particulier à l’étranger, ce qui justifie pleinement l’investissement dans ce genre d’outil", estime Dominique Proy.
Pour les petites entreprises artisanales, l’Ademe a un logiciel plus simple qui permet une première approche de l’outil grâce à l’accompagnement gratuit par proposé par
les chambres de métiers et d’artisanat.


 

Les finalités d’une démarche d’éco-conception
Améliorer la performance économique et environnementale des produits mis sur le marché
> Développer des produits ou services innovants et se différencier de la concurrence
> Améliorer la notoriété et l’image de l’entreprise
> Développer les ventes, les parts de marché
> Améliorer les marges, la rentabilité globale
> Anticiper la réglementation et minimiser les risques
> Faire adhérer les salariés à un nouveau projet d’entreprise

 

Une référence : l’Eco-label européen

L’éco-label européen a été créé en 1992 par la Commission Européenne. Il est délivré par l’AFNOR.
il garantit aux utilisateurs un produit ou un service dont l’impact sur l’environnement (eau, air, énergie, etc) est réduit tout au long de son cycle de vie, depuis sa fabrication (choix des matières premières, conditions de production, etc.) jusqu’à l’élimination des déchets.


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