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20/12/2017

JO 2024 : la région Centre-Val de Loire déjà dans les starting-blocks pour faire valoir ses atouts

Les jeux Olympiques auront lieu en 2024 à Paris. C’est dans sept ans, mais la Région Centre-Val de Loire, qui avait soutenu la candidature française à l’organisation de cet événement, veut anticiper dès maintenant ce grand rendez-vous international. La proximité avec Paris n’est pas le seul de ses atouts. Elle dispose d'un environnement (tourisme, patrimoine culturel, etc.) et des infrastructures susceptibles d’accueillir des délégations et des manifestations, avant et pendant les Jeux. Mais il y a de la concurrence. L'enjeu est aussi économique. C'est pourquoi la mobilisation a commencé afin de présenter un projet unitaire. Les premiers appels d'offres vont bientôt être lancés.

 

François Bonneau, président de la Région Centre-Val de Loire (débout) lance la mobilisation en vue des jeux-Olympiques de 2024 à Paris. A sa droite, le préfet Jean-Marc Falcone et Sébastien Moreau, ancien responsable des relations institutionnelles au comité de candidature Paris 2024. A sa gauche, Marie-Amélie Le Fur, championne paralympique, Jean-Louis Desnoues, président du CROS (comité régional olympique et sportif) et Mohamed Moulay, vice-président à la Région, délégué aux Sports.
(Photos Patrice Dézallé)

Les jeux-Olympiques de 2024 à Paris sont «  une chance et une opportunité » assure François Bonneau, président de la Région Centre-Val de Loire en ouvrant une conférence régionale du sport exceptionnelle ce mardi 19 décembre dans l’hémicycle du Conseil régional à Orléans.
Opportunité ? La ministre Laura Flessel a promis que les JO irrigueront l’ensemble du territoire national. Et qu’un programme de labellisation des sites ouvrira dès 2018.

« Les jeux-Olympiques, c’est la fête du sport, le sport mis en fête et en valeur dans une logique de pratique. Il faut que ce moment soit l’occasion pour tout le mouvement sportif et toutes les collectivités territoriales de se coordonner »
"On ne vient pas avec des réponses mais avec des perspectives" ajoute François Bonneau.
Encore faut-il recenser les atouts et proposer une offre de services globale. Il est important de commencer à se positionner, et surtout d’enclencher une démarche unitaire.


C’était justement l’objet de cette conférence régionale où sont représentés les deux tiers des fédérations sportives ayant une activité dans la région ainsi que des institutionnels, en particulier des élus délégués aux sports, dont plusieurs font partie de l’association nationale.

Avoir une vision partagée et une méthode
La Région et l’Etat, représenté par le préfet Jean-Marc Falcone, sonnent ainsi la mobilisation. «  Je ne pense pas que l’on s’y prenne trop tôt », indique François Bonneau.
« Il faut essayer d’avoir une vision partagée et une méthode », complète le préfet Jean-Marc Falcone. « Notre ambition partagée va être mise à l’épreuve de façon concrète ».
Il faudra en effet être prêt à accueillir des délégations étrangères pour leur préparation à partir de 2021. «  Nous avons des cartes et des atouts à faire valoir », estime François Bonneau. Des infrastructures de choix. Et la proximité avec Paris.

Mais comment travailler ensemble pour répondre à cet enjeu concurrentiel, quitte à mettre de côté un certain nombre de problèmes, monter un projet commun, une communauté d’intérêt ?

La conférence régionale des sports renaît de ses cendres au bon moment, fait remarquer Jean-Louis Desnoues, président du CROS. Il attire l’attention sur le fait que 2018 sera une année importante pour l’évolution de la gouvernance du sport, avec une nouvelle organisation. « Nous avons un vrai travail d’ambassadeurs à faire pour mieux faire connaître nos atouts ». Il se veut confiant d’autant plus que «  nous avons déjà une tradition d’accueil ».
Les JO de 2024 sont une belle perspective pour un certain nombre de sportifs régionaux qui pourront prétendre se qualifier, sans parler des JO qui précéderont, en 2020, indique Jean-Louis Desnoues.

Constituer une offre globale pour le catalogue proposé aux délégations

Sébastien Moreau ; qui a été responsable des relations institutionnelles au comité de candidature Paris 2024, conseille de réaliser une cartographie des installations sportives et des structures d’hébergement qui pourraient leur être associées. Quelque 600 sites seront labellisés en France et constitueront ainsi une sorte de catalogue qui sera proposé aux délégations.

Djamel Cheik, directeur du CREPS de Bourges, témoigne que des pays vont commencer à envoyer des jeunes pour qu’ils s’acclimatent en vue de ces JO de 2024. Et plus tard, des délégations vont chercher des lieux proches de Paris pour s’installer.

Comment la région va-t-elle travailler avec les agence références dans ce business du tourisme sportif, insiste Marie-Amélie Le Fur. « Les « tests events » à partir de 2022 seront le moment crucial car les délégations n’auront pas forcément envie d’aller faire leur stage à Paris ».

« Vous avez déjà tout compris », constate Sébastien Moreau. « c’est en effet maintenant qu’il faut lancer des choses pour les expérimenter à travers différents événements qui auront lieu d’ici les Jeux. Les Jeux, c’est un contenu, mais c’est aussi un contenant. Vous allez apporter énormément de force à la candidature de Paris ». Ce mouvement dans les régions et la sensibilisation de toute la population faisaient en effet partie de l’argumentaire dans le dossier de candidature de Paris pour 2024.

Une structure restreinte de travail pour commencer

Marc Coeuret, adjoint aux sports à la mairie de Châteauroux et ancien cadre à la fédération handisport, fait remarquer que la région Centre-Val de Loire ne va pas être la seule dans la compétition et qu’il va falloir se différencier des autres. Par exemple en mettant en avant Marie-Amélie Le Fur, «  une formidable ambassadrice ».
Il semble admis par tous que "l’on ne peut pas partir en ordre dispersé". Dans un premier temps, une structure restreinte de travail va être mise en place. Et Marie-Amélie Le Fur fera partie du comité technique restreint.

Nathalie Bonnefoy, maire-adjoint déléguée aux sports à Bourges, et vice-présidente de l’Association Nationale des Elus aux Sports (ANDES), exprime son impatience de voir se mettre en place « un calendrier opérationnel ».

Patrice Dézallé


Atouts et opportunités

Le sport en région Centre-Val de Loire. C’est Plus de 7.500 clubs ; plus de 200 sportifs de haut niveau, et quelque 16.500 installations sportives

Olympiades culturelles. Quatre ans avant les JO de 2024, il y aura les Olympiades culturelles : un autre rendez-vous pour valoriser les atouts de la région, et qui pourra servir de répétition… utile.

Bénévoles. Pour les JO 2024, il faudra 70.000 bénévoles. Avis aux amateurs.

Infrastructures. Il faut comprendre que ce sont les installations sportives mais aussi des infrastructures hôtelières et d’hébergement. Il faudra répondre aux besoins divers et variés des sportifs étrangers et de leurs entourages. En terme de confort, de qualité de services, de prestations, et de proximité des lieux d’hébergement avec les lieux d’entraînement ou de compétition.
il n’existe pas actuellement une liste officielle de lieux ou de sites sportifs en région Centre-Val de Loire, susceptibles d’accueillir des délégation étrangères dans leur phase de préparation aux Jeux pour 2024…
Toutefois, la région compte des sites reconnus qui peuvent prétendre accueillir dans de très bonnes conditions des équipes ou délégations étrangères, parmi lesquelles :
- Le CREPS Centre-Val de Loire à Bourges
- Le Centre National de Tir Sportif à Châteauroux-Déols
- Les bassins de natation de l’Odyssée à Chartres
- Le Parc équestre fédéral de Lamotte-Beuvron
D’autres sites, équipements ou lieux peuvent être adaptés ou s’adapter…
On peut penser à la future Arena COMET qui va être construire près du Zénith d’Orléans.
De même, si les pistes d’athlétisme de Blois et Châteauroux semblent aux normes, il n’y a pas de piste couverte à proximité, ce qui constitue un handicap.
Un recensement est en cours, prenant en compte le site lui-même mais surtout son environnement (capacité hôtels-restaurants, attractivité de la ville, offre culturelle et touristique….).
Pour le maire de Lamotte Beuvron (Loir-et-Cher) , il y a l’occasion d’associer la ruralité en mettant en avant le potentiel du site de la fédération équestre avec la proximité de Center Parcs.

Châteauroux a les mêmes caractéristiques que l’institut national du football de Clairefontaine pour accueillir les footballeurs. Comment pouvons-nous d’ores et déjà travailler ensemble, interroge le président du club.

Enjeux économiques. L’organisation des Jeux de 2024 va disposer d’un budget de 3,8 milliards, et les premiers marchés vont bientôt être lancés. Les jeux-Olympiques sont une fête sportive mais aussi une aubaine économique. "L’occasion pour certaines entreprises de répondre à des appels d’offres, de promouvoir des savoir-faire. Il faut favoriser la mobilisation des acteurs économiques. Si l’on n’anticipe pas ce genre de commande, ça part ailleurs  », prévient Sébastien Moreau.
Jean-Louis Desnoues propose d’associer au processus de labellisation et d’élaboration d’une offre globale dans la région non seulement les chambres consulaires mais aussi les unions commerciales, les comités des fêtes ainsi que les fédérations sportives affinitaires.


Le feu et la flamme. D’autres opportunités sont ouvertes à la région lors des JO. À commencer par le parcours de la flamme olympique. C’est aussi l’occasion de créer des événementiels pour faire adhérer les habitants et favoriser les développement du sport pour tous. Des événementiels qu’il reste à inventer.

Un membre de l’ANDES attire toutefois l’attention sur le fait de "prendre en compte l’aspect financier pour aider les collectivités à créer une promotion d’activités du sport sur nos territoires".

 

 

Laisser un héritage durable

Marie-Amélie Le Fur, en tant que sportive et compétitrice, fait comprendre qu’un succès n’est pas acquis d’avance. Il faut franchir chaque étape sans encombre.
Marie-Amélie Le Fur, ici aux côtés de Jean-Louis Desnoues, président du CROS, fera une formidable ambassadrice pour la région Centre-Val de Loire.
La championne paralympique fait un point d’étape.
Deux grandes entités oeuvreront pour les Jeux :
> Le COJO, qui est une émanation du comité de candidature. Il va se calibrer au fil des années pour regrouper à terme 4.000 personnes.

Parmi ses préoccupations : comment faire pour que les JO 2024 laissent un héritage durable ?
"À travers ce COJO, la parole est donnée aux athlètes  », se réjouit Marie-Amélie. Certains seront salariés, d’autres travailleront sur des dossiers. Ce sera un enjeu important que des sportifs de haut niveau parlent de ce projet ; il faudra en faire des ambassadeurs.

> Solideo, la société de livraison des ouvrages olympiques. Par exemple, le lancement de la construction du village olympique et de la piscine olympique est prévu pour 2019.

"Les Jeux sont une compétition élitiste, mais nous voulons aussi que ce soit un outil éducatif. Par exemple, que dans les écoles ont fasse des maths et du français en lien avec le sport. C’est une occasion en or de parler de partage et de solidarité. De faire découvrir des disciplines handisport", insiste Marie-Amélie Le Fur.
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Marie-Amélie Le Fur rêve ainsi de retrouver des compétitions à guichets fermés comme elles en a connues aux JO de Londres, grâce à la sensibilisation qui sera faite auparavant.

 

-> Voir la vidéo sur les principaux équipements sportifs en Centre-Val de Loire

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