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16/05/2017

Le développement durable à Orléans : une nouvelle ambition depuis la COP 21 à Paris

La Ville d'Orléans a participé à la COP 21, la conférence des parties sur le climat, à Paris. Qu'en reste-t-il un an et demi plus tard ? Un micro-trottoir réalisé auprès d'un petit panel de la population orléanaise, permet d'avoir quelques retours. Pour beaucoup de personnes, peu importe qui fait, l’essentiel c’est que ce soit fait, comme en matière de mobilité. Et une majorité des personnes interrogées considère que les citoyens doivent s'engager et prendre leurs responsabilités écologiques... Mais Stéphanie Anton, adjointe déléguée au développement durable, défend aussi une ambition renouvelée, tournée vers l'excellence. "Une nouvelle stratégie Développement durable, avec un positionnement de ville durable et résiliente", résume-t-elle dans une entretien qu'elle nous a accordé...

 

 

La ville a voulu avoir un retour sur la COP 21 en réalisant un micro-trottoir en juin 2016. Cette enquête devait aussi permettre d’évaluer la politique environnementale de la ville.

Stéphanie Anton nous fait une synthèse de cette action :

Un peu plus de 400 personnes, dont 62% d’Orléanais mais aussi des personnes de l’aire urbaine, ont été interrogées par des étudiants en service civique au sein de l’association Unicités.
Il s’agissait de cibler particulièrement la tranche des 15-30 ans. Les autres, on a du mal à les mobiliser et à savoir ce qu’elles pensent vraiment. Dans le panel,
40% de personnes interrogées avaient moins de 25 ans, et 27% étaient âgées entre 25 et 39 ans.


Stéphanie Anton au Grand Palais à Paris pour une conférence organisée par la Ville d’Orléans à l’occasion de la COP 21.

 


Et ici, un peu plus tôt à l’aéroport du Bourget, en compagnie de Didier Papet, de Loiret Nature Environnement, pour une conférence faisant le point sur les actions de développement durable engagées par la Ville d’Orléans et ses projets.

La première chose qui leur a été demandée, c’est de juger la qualité de leur environnement par une note entre 1 et 10. La note moyenne est de 6,53. Pour 24 à 30% des gens, l’environnement est dégradé. Probablement la perception des urbains.
Avec une note de 6,83, les gens expriment un intérêt manifeste pour les questions environnementales, sauf pour les moins de 25 ans.

La qualité de l’air, une priorité
Quels sont les enjeux les plus préoccupants pour eux ? La qualité de l’air est citée en priorité.
"Je vais d’ailleurs lancer un groupe de travail sur le sujet, avec des élus dont deux de l’opposition. Il faut améliorer la communication, surtout auprès des publics sensibles", indique Stéphanie Anton.

Ce qui n’empêchera pas de faire un lien avec le nouveau plan Climat Air Energie territorial au niveau de la Métropole.

Deuxième préoccupation, pour environ 40% des personnes orléanaises interrogées : le changement climatique, juste devant la gestion des déchets. Viennent ensuite la pollution de l’eau et des rivières. "Je trouve que c’est bien par rapport aux contrats territoriaux qui s’attachent à protéger la ressource en eau".

À noter que 10% des personnes interrogées n’expriment aucune préoccupation environnementale.

Chaque citoyen doit agir

Quant à savoir qui doit agir, la moitié des personnes répondent… chaque citoyen. Puis les institutions, à commencer par la commune et l’agglo (54% pour les deux)

Sur la politique de la ville en matière de développement durable, l’enquête fait ressortir une moyenne de 6 sur 10. Mais 22% des personnes ne savent pas donner une note.
Parmi les explications vraisemblables : "il y a un problème de communication et de valorisation de ce que l’on fait. Pourtant, ce serait bien pour les personnes qui s’investissent dans les services concernés", estime Stéphanie Anton.
"Par exemple beaucoup d’habitants ne savent pas que l’on est en zéro phyto depuis 2009, bien avant la loi Labbé, et sur tous les espaces verts publics, sauf les cimetières et les terrains de sport.
Je note qu’il y a aussi un problème d’appropriation et de vulgarisation. Il faut dire que les nombreux sigles et acronymes utilisés ne facilitent pas la compréhension des acteurs ni des actions. Ça n’apparaît pas concret".

Ceux qui connaissent les actions menées par la ville citent d’abord le tri des déchets et le développement des transports en commun (même si ce sont des compétences de l’agglomération), ainsi que la sensibilisation aux économies d’énergie.
Sont également cités : la préservation des espaces naturels, la charte zéro phyto, voire l’Agenda 21 (13%).

Diminuer les déchets

Quelles sont leurs attentes ? Encore des actions pour diminuer les déchets (ce qui renvoie à la responsabilité de chacun) et encore développer la nature en ville. Mais aussi plus de transports en commun, de pistes cyclables, davantage de vélos, de bornes de recharge pour les véhicules électriques

Au titre de la 2e tranche du label TEPCV (territoire à énergie positive pour la croissance verte) Orléans a justement reçu 148.000€ pour participer au financement de 9 bornes de recharge sur l’espace public, et à l’achat de 3 véhicules électriques.

Inciter les habitants à participer à l’inventaire de la biodiversité

Et l’on en vient à la nouvelle stratégie biodiversité qui a été présentée début avril au conseil municipal en même temps que l’appel à projets citoyens.
"On continue les actions de l’Agenda 21, qui sont d’ailleurs réalisées à 90%", poursuit Stéphanie Anton. "Notre fil conducteur va être de tout décliner par rapport à la ville durable et résiliente. La résilience prend en compte les risques majeurs et le risque inondation".

Avec en plus la nouvelle stratégie biodiversité et une participation citoyenne renforcée à travers des ateliers dans chaque comité de quartier.
"J’ai commencé à en parler le 2 février au comité de quartier du centre ville. On a besoin des gens pour participer à l’inventaire de la biodiversité. Il s’agit surtout d’identifier les espaces à potentiel de biodiversité, comme des friches, qui pourraient être « reconvertis » par des végétalisations. Ces lieux pourraient être le cadre de projets participatifs à mener".

"Ces appels à projets s’adressent à des particuliers ou à des groupes. On pense par exemple à des collectifs d’habitants. C’est ouvert aux associations. Et l’on pense aussi solliciter des « professionnels », par exemple du secteur artistique, ce qui correspond à notre désir d’ouvrir une sorte de laboratoire d’expérimentation".
Ça peut être dans des parcs et jardins, mais aussi dans d’autres espaces qui appartiennent à la ville, que l’on pourrait mettre à disposition gracieusement aux porteurs de projets. Ça peut aussi être sur de l’espace privé, mais à la condition qu’il soit ouvert au public.
Les réalisations resteront de façon pérenne.
L’objectif est d’accompagner 6 projets. Il y a une enveloppe de 40.000€. avec un financement limité à 80% maximum du coût du projet.

Il y aura une phase d’atelier citoyen pour expliquer ce que l’on attend. Ce sera au mois de juin. Il y aura jusqu’au 17 septembre pour déposer les dossiers de candidature.
Le jury se réunira un mois plus tard. Il y aura ensuite une réunion publique de restitution, et la désignation des lauréats en novembre, avec les premiers versements.

L’objectif est aussi de montrer les bénéfices écosystémiques procurés par la nature. Par exemple, ceux qui vont développer des facettes végétalisées, ça permet de séquestrer le carbone ou d’apporter de la régulation thermique. Donc on améliore la qualité de l’air. De la même façon, il vaut mieux favoriser la végétalisation des sols pour favoriser le ruissellement des eaux de pluie.
On veut favoriser les initiatives pérennes et aussi innovantes

Un bureau d’études va être sélectionné pour réaliser un inventaire de toutes les friches et de tous les espaces qui sont disponibles et que l’on pourrait utiliser pour remettre de la nature et végétaliser. Les membres des comités de quartier, qui connaissent bien leur secteur, aideront le bureau d’étude dans son travail de recensement.

Mettre en place un référentiel de développement durable pour tous les projets de la ville


"En même temps, on va
mettre en place un référentiel Développement Durable qui va accompagner chaque projet, surtout les projets urbanistiques", indique Stéphanie Anton.
"Ce référentiel va nous permettre de mettre un certain niveau d’ambition. Ce référentiel va être testé sur la ZAC Fil Soie, sur différents items : gestion de la ressource en eau, utilisation d’éco-matériaux, etc. Pour que ça corresponde vraiment à une éco-ZAC et que ce ne soit pas du green washing. Et pour qu’on soit vraiment dans la transversalité", insiste l’adjointe au maire et conseillère communautaire.

"Le maire dit toujours que le développement durable est transversal et doit se retrouver dans chaque projet, mais il n’est pas sûr que ce soit toujours le cas. Parfois notre service est associé au dernier moment. Mais quand tout a déjà été entériné, que le cahier des charges est ficelé, que l’architecte a été désigné, et encore plus quand les travaux ont déjà commencé, il est un peu tard pour venir dire que l’on voudrait un bâtiment HQE, ou un bâtiment passif, ou ceci ou cela. Par exemple, les toitures végétalisées, ça n’apparaît dans aucun projet".

Un outil pour candidater au prix de la capitale verte européenne
Après l’expérimentation, l’objectif est que ça devienne un outil pour le futur PLUI (plan d’urbanisme intercommunal), en lien avec le PADD (plan d’aménagement et de développement durable) et le SCOT (schéma de cohérence territorial), au niveau de la ville et de la métropole.
"Certaines villes adhèrent déjà à des référentiels, comme le référentiel « éco-quartier », fait remarquer Stéphanie Anton. "Notre référentiel servira de trame à chaque projet et sera intégré dans le cahier des charges. À chaque fois le niveau d’impact sera mesuré. Un diagramme radar permettra de refléter le profil environnemental de chaque projet, avec quatre niveaux d’exigence dans un premier temps.
Cela permettra de montrer que le développement durable ce n’est pas quelque chose de cloisonné, que l’on est vraiment sur de la transversalité. Il faut avoir un approche vraiment systémique, car tout est lié".

Orléans pourra ainsi répondre à des appels à projets type capitale verte européenne, avec des dossiers déjà bien ficelés et qui répondent à tous les critères d’éligibilité, fait encore valoir Stéphanie Anton.

C’est Natacha Billet qui participera aux réunions. Venant de la direction Déchets, elle est désormais à la tête de la direction Environnement, prévention des risques, avec une équipe solide : un service Environnement et développement durable chapeauté par Nelly Bonnefoy, le service Risques majeurs avec Marielle Chenesseau, et le service Accessibilité, hygiène et habitat où il y a tous les inspecteurs de salubrité publique

Le service de la prévention des risques fait partie de la direction développement et aménagement durable.
"Cette nouvelle direction montre bien qu’il y a la volonté d’avoir des projets respectueux de l’homme et de la planète et que l’on ne fasse pas tout et n’importe quoi, mais au contraire que ce soit cohérent.
Avant il n’y avait qu’une chargée de mission, qui ne pouvait pas faire tout toute seule
", souligne Stéphanie Anton. 

Propos recueillis par Patrice Dézallé

 

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