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Enjeux/Débats
21/11/2017

Le futur plan Loup fait hurler les représentants des agriculteurs

Lettre ouverte des organisations agricoles : la FNSEA, Jeunes Agriculteurs, la FNO (fédération nationale ovine), et l'APCA (assemblée permanente des chambres d'agriculture), à Edouard Philippe, Premier ministre, au sujet du futur plan Loup 2018/2023...

"Votre gouvernement prépare le futur plan loup 2018/2023.
Dans ce cadre, vous affichez un objectif de 500 loups en France au terme du plan, en 2023.

Avec une population de plus de 300 loups, aujourd’hui décomptés, les éleveurs des zones prédatées vivent déjà un véritable enfer et sont dans une profonde détresse. Ils sont continuellement tenaillés par la crainte d’une attaque des loups sur leur troupeau. Ils n’en peuvent plus de voir leurs brebis égorgées, dévorées ou agonisantes.

Les Maires, les Conseillers régionaux, les Parlementaires des territoires prédatés vous alertent sur les conflits d’usage liés aux chiens de protection avec les randonneurs et sur l’impact de ces conflits sur le tourisme. Ils refusent que les loups provoquent la mort des villages ruraux.

Les paysages se ferment, la biodiversité régresse.

Les coûts budgétaires s’envolent de façon exponentielle : 1.8 million d’€ en 2004, 7.4 millions d’€ en en 2010 et 26.5 million d’€ en 2016. Le coût des moyens de protection des troupeaux chiffré par l’INRA, à la demande du Préfet de l’Aveyron, qu’il conviendrait de mettre en place dans ce département, s’élèverait à 35 millions d’€.

Cet objectif de 500 loups est ressenti comme une provocation et constitue un véritable mépris des agriculteurs et des élus des territoires ruraux. Il est incompréhensible dans un contexte de fortes restrictions budgétaires.

En juin dernier, FNSEA, JA, FNO, APCA, avons fait des propositions qui redonnent de l’espoir aux éleveurs et aux élus ruraux des zones prédatées qui oeuvrent au quotidien pour animer leur coin de France qu’ils aiment, le rendre accueillant et sécurisé pour ceux qui y vivent ou viennent le découvrir l’été comme l’hiver.

Ces propositions professionnelles ont pour finalité de donner un droit élémentaire légitime aux éleveurs de défendre de façon permanente leur troupeau (art. L113-1 du code rural) pour retrouver de la sérénité dans la conduite de leur élevage et parvenir à zéro attaque.

Elles sont dignes d’intérêt, Monsieur le Premier Ministre. Prenez-les en compte ! Elles reposent sur l’intérêt général des populations, des territoires et du pastoralisme.

Au lieu de cela, les Ministres de la Transition écologique et solidaire et de l’Agriculture et de l’Alimentation s’arc-boutent, à chaque réunion de concertation, sur un plafond annuel de prélèvement, sur des tirs de prélèvement et de défense renforcée plus restrictifs par rapport au plan aujourd’hui en vigueur, sur une conditionnalité des indemnisations aux mesures de protection dont une part importante est à la charge des éleveurs ainsi que sur une gestion territorialisée du loup.

Cet autisme des ministères aux demandes du monde rural est inacceptable.

Le loup n’est pas une espèce en voie de disparition. 350 000 loups sont recensés dans le monde dont 150.000 en Europe. Sa viabilité est assurée.

Ne vous retranchez pas non plus, Monsieur le Premier ministre, derrière les engagements internationaux. Dans la déclinaison de la Convention de Berne, il est clairement prévu que «  dans les régions à vocation essentiellement agricole, il n’est pas souhaitable de maintenir des loups ou de chercher à les réintroduire ».
Si vous avez la volonté politique, vous pouvez juridiquement agir pour parvenir à zéro attaque sur les troupeaux.

L’agriculture est riche de ses diversités. Dans bon nombre de communes pastorales, elle seule est garante d’emplois et d’activités économiques qui permettent à des hommes et des femmes de vivre et de travailler « au pays ».
Ne substituez-pas de façon irréversible un ensauvagement des territoires à certaines formes de productions agricoles sous peine de déprise fatale.

Le pastoralisme est un joyau territorial dont nous avons hérité et que nous devons transmettre aux générations futures. Pour continuer d’exister, il a besoin de l’élevage à l’herbe en plein air, partout, dans tous les territoires.
Ce système de production s’inscrit, par ailleurs, pleinement dans l’agroécologie plébiscitée par votre gouvernement et par tous nos concitoyens. La prédation des loups sur les troupeaux le condamne à jamais.

Pour le bien de notre pays et pour sa cohésion territoriale, prenez la bonne décision, Monsieur le Premier Ministre !
Faites-en sorte que les éleveurs retrouvent leur fierté, leur dignité et puissent poursuivre leur activité qui apporte tant à nos concitoyens en matière de production agricole de qualité et de préservation des paysages millénaires ; conformément aux demandes des élus locaux.
Nous vous prions de bien vouloir agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de notre haute considération."

 

Les loups en France sont bien des vrais loups !

"Les opposants aux loups ne cessent de chercher des moyens afin de faire tuer toujours plus de loups : loups qui auraient été réintroduits clandestinement, loups en surnombre, etc. ", réagit l’association FERUS.
"Dernier exemple en date : les loups en France ne seraient pas des vrais loups mais des hybrides (croisements avec des chiens domestiques).
Le 13 septembre dernier, nous vous rappelons que l’ONCFS a rendu
ses conclusions sur le sujet. A partir de 228 échantillons (fèces, poils, urine) analysés, 130 individus ont été identifiés :

« – 120 sont des loups, tous de lignée génétique italienne ;
– 2 ont des signatures génétiques qui correspondraient à des hybrides de 1ère génération ;
– 8 ont des signatures génétiques qui correspondraient à une hybridation plus ancienne.

Ainsi sur la base de ces analyses représentatives de l’ensemble du territoire national, 92,5% des 130 individus analysés sont des loups non hybridés ; l’hybridation récente (de 1ère génération) concerne 1,5% des animaux ; 6% sont concernés par de l’hybridation plus ancienne.

Le taux d’individus avec traces d’hybridation ici mis en évidence ici est similaire aux résultats déjà obtenus dans plusieurs pays d’Europe.
Les proportions d’hybrides y sont en général également assez faibles, comprises entre 2 et 10%, sauf rares exceptions. »

Les loups en France sont donc bel et bien de vrais loups.
Les individus hybridés sont rares et dans une proportion tout à fait normale. Cette hybridation minime ne remet pas en cause le loup en tant que tel, ni dans son patrimoine génétique, ni dans son rôle fonctionnel dans les écosystèmes. « Le phénomène est ponctuel, rare et n’est pas récurrent » (ONCFS, 2017).

Pour rappel, les loups et les chiens sont deux cousins apparentés mais bien distincts.
Les chiens actuels (Canis lupus familiaris) sont les descendants des premiers chiens apparus il y a environ 15.000 ans suite à la domestication par l’homme de certains loups (Canis lupus). Chiens et loups sont donc de la même espèce, et des croisements ont pu continuer à se produire en faible quantité au fil de l’histoire.
Mais les études les plus récentes montrent que le loup et le chien restent génétiquement bien séparés : les loups restent des loups, et les chiens restent des chiens.
S’ils avaient dû se mélanger en perdant leurs caractéristiques domestique – sauvage, cela se serait fait au cours de l’histoire parallèle des chiens et de loups qui a duré plus de 10.000 ans. Ce qui est stable – à l’évidence de cette longue histoire de coexistence – est la conservation des deux extrêmes, le domestique et le sauvage, et pas les intermédiaires (il y a des raisons, notamment comportementales)."

==>> Note technique ONCFS / l’hybridation entre chien et loups en France, 13 septembre 2017

==>> Laboratoire ANTAGENE / Rapport analyses génétiques chez le Loup (Canis lupus)

 

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