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10/08/2017

Lutte contre le gaspillage alimentaire : retour sur l’exploit de Baptiste Dubanchet

Parti du Maroc le 6 mai dernier après moult péripéties, Baptiste Dubanchet est arrivé la semaine dernière en Guadeloupe, à l'issue d'une transatlantique épique à bord de son pédalo de 7,50 mètres de long. Au-delà de l'exploit sportif, Baptiste a réalisé cette traversée pour porter un message fort contre le gaspillage alimentaire. Durant ses trois mois en mer, il s'est nourri exclusivement d'aliments périmés

Partir, une aventure en soi…
C’est le 9 avril dernier que Baptiste Dubanchet s’est élancé une première fois d’Agadir, au Maroc. Cette navigation de 13 jours a été marquée par les aléas météo et Baptiste n’a pas pu rejoindre les Canaries comme il l’avait initialement prévu.
« Prisonnier » de la mer et de vents défavorables, il a finalement rallié les côtes marocaines, à El Ouatia, dans le Sud du pays. Le jeune homme a tiré les enseignements de cette première tentative et il est reparti le 6 mai du Maroc.


Photos La faim du monde


Compte tenu du retard pris dans le timing de la traversée, il a décidé de rallier la Martinique d’une traite, sans faire escale aux Canaries. Devant son étrave, il y avait plus de 3.400 milles, soit 6.300 km…

Un défi physique
Durant les trois mois de son périple, Baptiste Dubanchet a pédalé une dizaine d’heures par jour, dans un environnement sans cesse mouvant et souvent hostile. Sa dépense physique a donc été énorme. Parfois, il devait plonger sous le pédalo pour nettoyer la coque, ce qui lui demandait une importante dépense physique – et mentale ! Mais il a tenu bon.


Une solitude extrême
Les contacts de Baptiste étaient très limités car installer la grosse antenne Fleet permettant d’accéder à Internet lui demandait beaucoup de temps et d’énergie.
Sans compter que les communications avec la terre coûtent très cher quand on est au large. Durant les dernières semaines, Baptiste réservait ses rares contacts à son routeur, qui lui donnait les conseils pour adopter les meilleures trajectoires et éviter les risques de tempête tropicale.
A la longue, cette solitude est forcément devenue très pesante. « Parfois, je parlais tout seul, je délirais, j’entendais des voix. A la moitié de la traversée, je me sentais vraiment mal, ces moments ont été les plus compliqués », avouait Baptiste à son arrivée en Guadeloupe.


 


Un espace de vie extrêmement exigu et sans cesse ballotté par les flots…

Baptiste Dubanchet a passé trois mois sur une frêle embarcation de 7,50 mètres de long, avec un espace de vie de quelques mètres carrés. «  Le fait d’être ballotté en permanence était très usant mentalement. Les trois dernières semaines, c’était encore pire, tout était trempé à l’intérieur, rien ne séchait. Cette traversée devenait une torture  », confie Baptiste qui est allé au bout de son aventure malgré la fatigue, la lassitude, le découragement parfois…

 
Des moments de grâce
L’immensité de l’océan, le contact avec les éléments, l’horizon, les animaux marins, les levers et couchers de soleil, les fantastiques nuits étoilées sans lune… Malgré l’adversité, Baptiste Dubanchet a vécu des moments exceptionnels. « Même les moments les plus difficiles étaient ponctués d’instants de bonheur », confirme-t-il.


Un message fort contre le gaspillage alimentaire
Baptiste Dubanchet, par ailleurs diplômé d’un Master en Développement Durable, est parti pour la bonne cause. A travers sa performance sportive, il souhaitait démontrer que les inscriptions « à consommer de préférence avant le », appelées Date Limite d’Utilisation Optimale (DLUO), sont inutiles sur certains aliments comme le riz, les lentilles, le miel ou encore le chocolat.

De fait, des aliments dont la DLUO est dépassée demeurent tout à fait consommables sans prendre de risque pour la santé. Pour le prouver, Baptiste s’est nourri exclusivement de produits alimentaires dits « périmés », et donc destinés à finir à la poubelle. «  Après cette traversée, je suis encore plus convaincu que le gaspillage alimentaire pourrait ne plus exister. Juste avant la date de péremption, on pourrait lyophiliser tous les produits frais et allonger leur durée de vie  », explique Baptiste qui a par ailleurs lancé une pétition sur Internet (voir ci-dessous).


Un défi à boucler
Après avoir fait Paris-Gibraltar à vélo (2500 km) puis la traversée de l’Atlantique en pédalo, il reste à Baptiste Dubanchet une troisième et dernière étape à parcourir. Fin septembre, il se rendra à Miami. L’objectif sera cette fois d’aller jusqu’à New York à vélo, toujours en se nourrissant d’aliments périmés…

Retrouvez Baptiste en vidéo après son arrivée en Guadeloupe en suivant ce lien de téléchargement en HD : http://bit.ly/2urLeGw

La traversée de Baptiste est terminée, mais son combat pour lutter contre le gaspillage alimentaire lui continue. Pour soutenir le message du jeune aventurier, vous pouvez signer une pétition en ligne.  

-> Cliquer ici pour accéder à la pétition

 

En bref

L’embarcation
L’embarcation de 7,5m emportera avec elle 100kg de nourriture, une couchette et un système de désalinisation d’eau.


Baptiste en quelques mots
Baptiste Dubanchet est né à Bourges en juillet 1988. A La Rochelle, il a décroché un Master en Développement Durable en 2012. En 2014, il a réalisé un premier voyage de 4 000 km à vélo en s’alimentant avec des aliments destinés à la poubelle dans 7 pays européens. Il a été chargé de mission gaspillage alimentaire à la SEPANT Société d’Étude de Protection et d’Aménagement de la Nature en Touraine (à Tours).


Lutte contre le gaspillage alimentaire
Baptiste souhaite démontrer par sa performance sportive que les inscriptions « à consommer de préférence avant le », appelées Date Limite d’Utilisation Optimale (DLUO), sont inutiles sur certains aliments comme le riz, les lentilles, le miel ou le chocolat.
Il souhaite faire signer un pétition pour faire retirer les DLUO et mobiliser les gens dans la lutte contre le gaspillage alimentaire.
En mer, il a mangé du lyophilisé préparé avec des produits récupérés.
Le but ultime du natif de Bourges est de démontrer que le lyophilisé peut être utilisé sur la majorité des aliments et dans la vie quotidienne.

Si vous souhaitez revoir le trajet de Baptiste, cliquez sur la photo

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