logo puissance 2d

atouts
28/03/2017

Un fonds d’investissement public-privé pour accompagner des entreprises en croissance en Centre-Val de Loire

Ce lundi 27 mars, la Région Centre-Val de Loire, les Métropoles d'Orléans et de Tours avec l'ensemble de leurs partenaires privés (THELEM, Groupama, Caisse d’Epargne et Crédit Agricole) ont présenté conjointement Loire Valley Invest, le fonds d'investissement public-privé de la French Tech Loire Valley destiné à soutenir les entreprises innovantes du territoire, plus particulièrement dans l'économie numérique. Ce fonds démarre avec 14 millions et sera doté à terme de 21 millions. Il permettra de capitaliser des sociétés régionales entre la phase d’amorçage et la prise de participation en capital risque afin de les soutenir dans leurs transitions.

 

Le lancement du Fonds d’investissement régional Loire Valley Invest a réuni pour la première fois la Région Centre-Val de Loire et les métropoles de Tours et Orléans., tout récemment validée. Un événement dans l’événement en quelque sorte, souligné par Harold Huwart, vice-président de la Région Centre-Val de Loire, délégué à l’Economie, l’Agriculture, et l’Economie sociale et solidaire, ce lundi 27 mars au siège de l’Agence régionale de développement économique Dev’Up, à Orléans.

Ce fonds d’investissement est sensé pallier un manque. D’abord, "un instrument financier comme celui-là fait partie des pré-requis pour bénéficier du label French Tech", rappelle Harold Huwart. C’est d’ailleurs pour cette raison que la nécessité de créer cet instrument avait été évoquée il y a deux ans par Olivier Carré, député-maire d’Orléans, au moment où les deux incubateurs dédiés aux entreprises du numérique, à Orléans (le Lab’O) et à Tours (MAME), postulaient ensemble au label French Tech devant la secrétaire d’Etat Axelle Lemaire.

 


Et il y la problématique qui se pose souvent aux start-up au moment où elles veulent se développer, et qu’il a rappelée ce lundi 27 mars.
Afin de permettre le développement de l’écosystème socio-économique de la French Tech Loire Valley, la Région Centre-Val de Loire a donc initié un Appel à Manifestation d’Intérêt « Fonds d’investissement régional French Tech Loire Valley ».
C’est la société Go Capital qui a été sélectionnée dans le cadre de cette AMI pour la gestion d’un Fonds d’Investissement dédié aux entreprises et start-up du numérique.

La Région Centre-Val de Loire, les Métropoles d’Orléans et de Tours, trois collectivités partenaires, ont délibéré pour le lancement de ce nouveau fonds professionnel de capital investissement et ont souscrit chacune à hauteur de 2 millions, soit 2.000 parts d’une valeur de 1.000€. A ce jour, 4 souscripteurs privés ont rejoint « Loire Valley Invest » : THELEM, Caisse d’Epargne, Crédit Agricole et Groupama. 

"Il a fallu travailler sur la mesure et trouver des solutions adaptées du côté des banques. La Région Centre-Val de Loire s’installe de plus en plus dans une logique de co-investissement public-privé de préférence à la logique de subvention qui prévalait jusqu’à maintenant", explique Harold Huwart.

Avec un objectif de 21 millions à terme, d’ores et déjà sécurisé aux deux tiers de son montant total, le fonds d’investissement Loire Valley Invest constitue à la fois
un argument en matière d’attractivité territoriale,
un levier pour la création d’emplois, et notamment d’emplois qualifiés,et un soutien concret à l’innovation.
"Derrière 350.000€ levés pour une entreprise, il peut y avoir 1 million de cash à l’intérieur. Cet effet de levier, on doit pouvoir le déclencher grâce à Loire Valley Investissement", estime le député Olivier Carré.

"On compte beaucoup sur ce fonds pour nous développer, car nous avons un plan d’embauche", témoigne le représentant de la société tourangelle Objet Domotique.com. "La première forme de rentabilité, c’est de l’emploi et de l’impôt".

François Bonneau, président de la Région Centre-Val de Loire, souligne l’état d’esprit très positif qui s’est dégagé entre la Région, les métropoles et les intercommunalités. "Il faut travailler ensemble et faire travailler ensemble. Nous avons des potentiels considérables. Nous voulons que les entreprises disposent d’un écosystème favorable. C’est pourquoi nous sommes en train de doter la Région d’outils complémentaires aux offres privées pour la compétition d’aujourd’hui et de demain. Ainsi nous envoyons un message clair aux entreprises".

Patrice Dézallé

 

 

Les réactions des partenaires privés

Benoît Jullien, directeur financier chez Thélem Assurances.
En 200 ans d’existence, la société Thélem Assurances a montré son attachement à la responsabilité sociale et sociétale. Le financement d’entreprises a tout son intérêt pour l’économie. C’est une occasion de valoriser le patrimoine par du financement « patient ». La combinaison public-privé sera vertueuse. Le montage à la structuration des fonds nous assure qu’il n’y aura pas de conflits d’intérêt.

Go Capital est une des entreprises les plus performantes au niveau national, voire international, assure Benoît Jullien. Elle constituée de personnes ayant pour la plupart une double expertise

Vincent Cousin, directeur opérations, SI et organisation a Groupama Banque. Notre caisse régionale, comme les huit autres du groupe, a un rôle d’acteur de proximité. C’était donc une évidence de s’engager pour être un moteur de l’innovation du territoire, en accompagnant des précurseurs et des nouveaux talents. Nous attendons une gestion saine, rigoureuse et performante de ce fonds Loire Valley Invest. C’est l’argent de nos sociétaires que nous investissons, et si l’on n’attend pas un rendement exceptionnel, il faut un minimum.

Nicole Echegoïnberry, présidente du directoire de la Caisse d’Epargne Loire Centre. Après deux ans de discussion ce projet de fonds d’investissement voit le jour. En tant que banque des territoires et du développement régional, la CELC est légitime à participer au tour de table, d’autant que cet outil vient compléter une offre que nous n’avions pas, sur l’amorçage. La CELC aura en outre des chargés d’affaires dédiés. On y va pour participer au développement de notre région plus que pour la rentabilité. Il faut savoir qu’un investissement sous forme de dette est un investissement à risque.

Xavier Malherbet, président du crédit Agricole Centre-Loire. Je constate que le mouvement coopératif est très représenté et impliqué. Ce n’est pas qu’une affaire de financement. Le plus difficile est de travailler sur un grand mouvement de complémentarité. Donner des chances aux projets, ce sont des lieux comme MAME ou le Lab’O, mais il y a aussi des idées, des apports en savoirs, en industrie. Et bien sûr en capital. Certes ce Fonds d’investissement a mis du temps à aboutir, mais c’est plutôt une garantie de sérieux. Ce qui est puissant ici, c’est l’intelligence des regards croisés d’expériences multiples, qui apportent des solutions. C’est-à-dire l’approche humaine des projets.


Orléans et Tours sur la même longueur d’ondes

Olivier Carré et Serge Babary s’évertuent à contredire une rumeur selon laquelle Orléans et Tours se regarderaient encore en chiens de faïence, comme naguère.
Le Fonds Loire Valley Invest, "C’est le premier produit de politique que nous faisons", souligne Olivier Carré, député-maire d’Orléans.

"À Tours, nous avons partagé immédiatement cette idée d’Olivier Carré, évoque pour sa part Serge Babary : vice-président de Tours Métropole et maire de Tours. "Il y a toujours un moment critique dans les start-up quand elles veulent se développer", ajoute l’ancien président de la CCI de Touraine. "Elles n’offrent pas suffisamment de garanties pour inciter les établissements bancaires à les accompagner. Ce fonds d’investissement est une réponse au dynamisme sur le territoire. Loire Valley Investissement est aussi une stratégie qui sera gagnante pour tous. La présence à parité est un signe de partenariat très fort à l’adresse du monde économique".

Les 3C : capital humain, capital locatif et capital financier
Olivier Carré reconnaît que la Région a bien rebondi sur cette idée qu’il avait lancée. Il fait remarquer qu’"Il y a beaucoup d’argent disponible en France, mais très peu pour le capital-risque, en dehors de l’Ile-de France et de la région lyonnaise. Le fonds Loire Tech Invest va permettre d’accélérer leur croissance
Grâce à l’implication des collectivités locales, en Centre-Val de Loire, les entreprises de la Loire Tech Valley n’ont plus à se préoccuper de trouver des locaux ni du capital humain. Il restait le problème du capital financier pour faire face aux besoins en fonds de roulement. Désormais, elles vont pouvoir aller plus vite pour se transformer en ETI (entreprises de taille intermédiaire)".

Faute d’avoir pu bénéficier de cette possibilité, l’entreprise Sigrenea, spécialisée dans le recyclage intelligent de déchets industriels, a été absorbée par un grand groupe, rapporte Olivier Carré. Elle avait ses premiers marchés mais pas l’argent pour payer la première commande de composants. Dès lors, les décisions risquent d’être prises ailleurs que sur notre territoire, regrette le député-maire.

 

 


En bref

Retour sur investissement. Bernard Distinguin laisse envisager une performance supérieure à la moyenne du domaine, soit 5% net. Mais il n’a pas précisé si c’était par an ou pour la durée de cinq ans... En tout cas, les partenaires privés, s’ils attendent un retour sur investissement minimum, se montrent prudents. 

Centre-Val de Loire : Région numérique. Parmi les 1ères régions à engager une démarche ambitieuse et volontaire dans le domaine de l’aménagement numérique du territoire, le Centre-Val de Loire s’est dotée dès 2011 d’une Stratégie de Cohérence Régionale d’Aménagement Numérique (SCORAN). Elle a poursuivi son engagement par le biais d’actions et d’appels à projet permettant le déploiement d’une politique numérique.
En 2016, avec les nouvelles compétences économiques confiées aux Régions par la loi NOTRe, l’exécutif régional s’est rapidement engagé dans l’élaboration d’un schéma économique (SDREII) qui intègre pleinement le numérique comme vecteur et levier du développement et de l’innovation.
Un 3e pilier est venu s’ajouter aux 2 premiers : la Stratégie régionale des Usages et des Services Numériques.
En lançant le Fonds Loire Valley Invest avec ses partenaires, la Région diversifie ses outils
d’ingénierie financière, au plus près des besoins de l’économie régionale.  

Une gamme d’outils financiers. Harold Huwart évoque l’existence d’un 2e fonds d’amorçage technologique doté d’environ 20 millions, d’un fonds Croissance TPE de 5 millions actuellement, pour accompagner les artisans, commerces et TPE.
Viendra un fonds Feder Innovation, avec BPI France, pour concentrer sur l’innovation au niveau régional.

La Région prend des participations. Objectif : doubler la masse de financement d’ici 2 ans, indique Harold Huwart.
Une SEM (société d’économie mixte) patrimoniale sera mise en place à la session de juin.

 


Les apports au Fonds d’investissement régional de développement Loire Valley Invest 

Le Fonds Loire Valley Invest a pour objectif de financer les entreprises en phase d’amorçage puis de développement. Alimenté à la fois par les collectivités et par des fonds privés, il est composé ainsi :
> 6 millions sont apportés par les Métropoles de Tours et d’Orléans et la Région Centre-Val de Loire à parité

> 1 million par le FEDER (fonds européens)

> 14 million par des fonds privés, dont 7,2 M€ engagés à ce jour :

Groupama Centre et Thélem Assurances : 1,5 million chacun
Crédit Agricole Centre Loire et Caisse d’Épargne Centre Val de Loire : 2 millions chacun
GO Capital : 200.000€

Les caractéristiques du fonds Loire Valley Invest  

> Loire Valley Invest est destiné aux entreprises de moins de 6 ans et localisées en région Centre-Val de Loire

> La durée initiale du fonds est de 10 ans, pour un accompagnement durable des PME régionales

> Des tickets d’investissement entre 150 et 350.000€ au 1er tour de table

Les secteurs ciblés, avec une rentabilité des prises de participation étudiée et recherchée, sont le sur-mesure industriel, les objets connectés, l’agriculture 2.0, l’écotechnologie, le e-tourisme, les bio médicaments.  

 

Go Capital, une Société de gestion réputée

Go Capital est une société de gestion basée à Rennes, qui intervient essentiellement sur le Grand Ouest, et principalement pour la phase d’amorçage des entreprises du secteur des nouvelles technologies. Elle se prévaut d’une forte proximité avec les réseaux ainsi qu’avec les acteurs publics et privés, résume Bertrand Distinguin, le directeur général.
Elle a actuellement 150 millions en gestion, au travers de FPCI - fonds professionnels de capital investissement et FCPI - fonds communs de placement dans l’innovation.

Go Capital investit dans plus d’une dizaine de sociétés par an dont les objectifs annuels de croissance sont supérieurs à 30 %. Chaque cible d’investissement doit avoir la capacité de devenir un leader sur son marché, avec généralement de fortes perspectives à l’international. Afin de maximiser le potentiel de valorisation, les sociétés doivent posséder de fortes barrières technologiques sur leur marché.

Depuis 2003, avec le soutien des institutionnels, des banques et des entrepreneurs, Go Capital a lancé 4 fonds réunissant près de 150 millions dédiés au financement des entreprises innovantes de l’Ouest.

En 2017, Go Capital lance 2 nouveaux fonds :
> Go Capital Amorçage II doté à l’ouverture de 60 millions.
Ce fonds rassemble majoritairement les souscripteurs historiques et des entrepreneurs du Grand Ouest. Il est ouvert à la souscription jusqu’en 2018 avec l’objectif de réunir 100 millions.
 

> Loire Valley Invest, qui sera doté de 20 millions et investira dans de jeunes entreprises innovantes de la région Centre-Val de Loire.
"Ce projet correspond à notre ADN", indique Bertrand Distinguin. "Un fonds régional offre des garanties. Et cela attire des entreprises".

Go Capital devient également gestionnaire du fonds « Loire Valley Invest » destiné à financer les jeunes entreprises innovantes de la région Centre-Val de Loire. 

Dans ce contexte, Go Capital ouvre deux nouvelles antennes à Orléans et Tours et renforce son équipe avec deux personnes dédiées : Hervé Bachelot et Alexis Ménard.

Un potentiel d’une centaine d’entreprises à accompagner

Go Capital a détecté un potentiel d’une centaine d’entreprises éligibles en Centre-Val de Loire. Une trentaine seront retenues pour être accompagnées sur les cinq prochaines années, en fonds propres ou quasi fonds propres pouvant aller jusqu’à 1 million.
Les principales cibles sont les entreprises du numérique mais aussi les jeunes sociétés d’excellence du territoire ayant moins de 5 ans d’existence.
Une quarantaine d’entreprises ont déjà été approchées. Le premier investissement devrait être finalisé d’ici fin juin.


Un comité d’investissement instruira les dossiers présélectionnés, le plus souvent après prospection. Gérard Besson, ancien recteur et conseiller municipal d’Orléans, et Pascal Grégoire, feront partie de ce comité d’investissement qui est en cours de constitution.
Le processus d’instruction des dossiers dure généralement entre 3 et 6 mois.


Enfin, "Nous serions ravis d’avoir de nouveaux souscripteurs", glisse Bertrand Distinguin
.
https://www.gocapital.fr/

 

Répondre à cet article


Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

 
Les adresses pour consommer local

Suivez-nous