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Societe
14/05/2017

Vélos : la métropole d’Orléans doit prendre le virage de l’excellence, estime le collectif Vélorution

Les nouvelles compétences de la métropole, et la révision prochaine du Plan de déplacement urbain (le PDU). Un référentiel unique pour la métropole, et un « monsieur vélo » chargé de l’appliquer. Qualité des infrastructures, et mise en cohérence à l’échelle de l’agglomération Rien de très compliqué, en théorie…

 

 

"Montrer que l’on existe et revendiquer un meilleur partage de la route". Ce samedi 13 mai, la 8e Vélorution d’Orléans donnait rendez-vous à tous les cyclistes, petits et grands, Place de Loire et sur les quais pour des ateliers de diagnostic et réglages vélo, conseils cyclistes, réglementation et vélo mais aussi de customisation et décoration des vélos (réalisations de costumes et étendards) à l’occasion du week-end Zéro Déchets et de la venue de Rob Greenfield à Orléans.

La balade vélorutionnaire a été accompagnée par une fanfare à vélo, tandis que des motards manifestaient sur le "périphérique intérieur d’Orléans" notamment contre les radars !

Cette nouvelle Vélorution a aussi été l’occasion de faire le point sur les perspectives de participation de ce collectif citoyen à la procédure de révision du PDU menée par la métropole.

Deux rencontres ont d’ailleurs eu lieu dernièrement avec les élus de l’agglo en charge de la politique du vélo et le président Lemaignen.

Dans l’attente d’un signe politique fort
Les porte-parole du collectif, Jean-Pierre Bertrand, Nicolas Guilmain et Jérôme Beyler, font part de leur état d’esprit en ce début de printemps 2017, quinze jours avant le grand rassemblement du Vélotour à Orléans.

"En huit ans, il n’y a pas eu de signe politique fort. Nous l’attendons encore. La révision prochaine du PDU, le plan de déplacement urbain, est une occasion à saisir, qui plus est dans le cadre des nouvelles compétences en matière de voirie conférées à la métropole par la loi NOTRe".

Quel signal par exemple ? Réponse : neutraliser régulièrement une voie sur le pont George V, comme c’est le cas seulement le dimanche après-midi. Ou/et nommer un « responsable vélo »- "pas un élu" - à l’échelle de la métropole, qui appuie son action sur la base d’un référentiel.
Car,
"Nous aimerions surtout qu’il y ait une politique cohérente sur l’ensemble de l’agglomération, avec des infrastructures de qualité. Actuellement, il faut voir le contraste entre les aménagements à Olivet ou Fleury-les-Aubrais, de bonne qualité, et ceux à Saran !"

Les représentants de la Vélorution sont persuadés que "si l’on crée les bonnes infrastructures, ne serait-ce que traiter les intersections, les gens viendront". C’est la notion de trafic induit.
"Il faut diffuser les bonnes pratiques techniques", ajoutent-ils. Or, les sas à vélo ne sont pas situés partout de la même façon. 2017 est une année de transition qu’il faudrait mettre à profit pour faire un inventaire des problèmes avant d’appliquer des solutions.

"Quand on doit partager l’espace public, rien n’est facile, c’est sûr", conviennent les porte-parole du collectif. "Mais quand on veut on peut. C’est ainsi qu’il a été décidé de réglementer et de limiter l’accès des voitures dans le centre ancien", argumentent-ils.

 


420 km de pistes

La métropole d’Orléans propose le marquage gratuit des vélos des particuliers à la permanence de Vélo TAO, sous le centre commercial de Place d’Arc. «  Il existe des services, comme celui-là, et c’est très positif. En revanche, c’est difficile d’obtenir l’amélioration des infrastructures », insiste la Vélorution.

De son côté, Charles-Eric Lemaignen, le président de la métropole, se défend régulièrement en invoquant les quelque 420km de pistes cyclables qui ont été matérialisés et balisés depuis quelques années.
"Il ne faut pas raisonner qu’en métrage. Il faut aussi parler de la qualité des aménagements. Il y a encore trop de carrefours dangereux, ou des pistes cyclables qui ne sont pas protégées", répondent les vélorutionnaires.

Des aberrations

Et d’évoquer quelques "aberrations". Ainsi, aller au lycée d’Ingré pour des Saranais, devrait être courant par une ancienne route neutralisée, qui fait office de piste cyclable. Mais presque personne ne la connaît. Par rapport à d’autres métropoles d’une taille similaire, les Orléanais utilisent relativement peu le vélo pour les déplacements domicile-travail (17e rang national). À cela au moins une explication, selon les habitués du deux-roues : le défaut de continuité des pistes et autres inconvénients.

La vélorution propose une expérience : quitter le siège de la métropole, situé près du théâtre à Orléans, pour aller à vélo dans les mairies de proximité. « C’est complexe », disent-ils de façon laconique…

Autre exemple : "Si l’on veut aller en centre ville à vélo avec des enfants, on n’est pas en sécurité", pointe par exemple Jérôme Beyler, qui habite dans un quartier au sud de la Loire. Cela implique d’emprunter le pont George V, dévolu à la fois aux piétons, aux deux-roues, aux voitures et… au tramway.


Le réseau cyclable, qui était réduit au strict minimum il y a dix ans, a fait l’objet de « raccommodages » sur l’existant. Sauf pour ce qui concerne les voies nouvelles, puisque la réglementation oblige à un aménagement spécifique pour les cyclistes.

Que les usagers soient consultés
"Certes la loi fait que les choses s’améliorent, à Orléans comme partout ailleurs, mais ça pourrait aller beaucoup plus vite. Et ce que l’on demande ne coûte pas cher", font remarquer les porte-parole de la vélorution.
"Nous sommes avant tout des usagers, et en tant qu’usagers nous connaissons bien la situation. On pourrait être invités à donner notre avis lorsqu’il y a des projets d’aménagement". Le collectif pense qu’il serait de bon sens que les usagers soient consultés au moment d’élaborer un projet. Or, ce cas de figure va se présenter... pour le prochain PDU.

Patrice Dézallé

 

En bref

Qu’est-ce que la Vélorution orléanaise ? Un regroupement de personnes qui porte les aspirations de cyclistes circulant sur l’ensemble du territoire de la Métropole, et pour qui le vélo est un mode de transport quotidien, toutes saisons.
-> La page facebook de vélorution orléans

3 points noirs. Le baromètre vélo 2016 a fait ressortir trois points noirs sur l’agglo d’Orléans : 
1 Le Pont George V
2 Les axes principaux
3 De multiples trajets précis cités par des usagers sur des points noirs très spécifiques : mobilier urbain, liaisons plates, seuil zéro… 

Carte participative. Il y a trois ans, le collectif a lancé une carte participative qui permet à chaque usager de notifier les « points noirs » qu’il a repérés. Cela a bien fonctionné. Et apparemment les services de l’agglo s’y réfèrent. Ils auraient pu eux-mêmes lancer l’application.

- Zig et zag. Boulevard Riobé, près du Palais des Sports, et de l’ancienne prison, la bande cyclable a été prise pour réaliser une vingtaine de places de stationnement pour les voitures, alors qu’il y a un parking relais du tram pas très loin. La piste cyclable, elle, fait désormais un zig zag sur le trottoir.

 

 

Les 10 revendications prioritaires de la vélorution orléanaise

1 Nomination dans les services de la Métropole d’un.e responsable spécifique pour les problématiques vélos, de façon à pouvoir synthétiser avec une vision globale du réseau cyclable les indications remontant des réunions de quartier, du Baromètre vélo, de la carte participative, de l’application Géovélo…
Publication d’un référentiel technique des aménagements cyclables (à l’image de ce qu’ont mis en place de nombreuses agglomérations).
Pérennisation avec le soutien de la Metropole du Baromètre vélo afin de suivre l’évolution des problématiques.

La Vélorution réclame la suppression d’une voie de circulation automobile sur le pont George V à Orléans pour créer un véritable axe cyclable sur l’itinéraire historique de la traversée de la Loire, en prenant l’exemple de Blois, Tours, Angers ou Nantes.
(Photos Patrice Dézallé)

2 Création de grands axes protégés (« axes verts »), particulièrement nord-sud en complément de l’axe ligérien, mais aussi en est-ouest par les mails pour contourner le centre-ville et par la rive gauche de la Loire.
Neutralisation d’une voie à destination de la circulation exclusive des vélos et des piétons sur le pont George V.

3 Sortir de l’association piétons/vélo, que ce soit dans la communication (cf. le site d’Orléans Métropole), ou dans les aménagements eux-mêmes : prohibition des pistes cyclables sur trottoir et des « espaces partagés » piéton / cycliste (en dehors des implantations d’aire piétonne ou de zone de rencontre).

4 Passage en zone 30 de l’ensemble de l’intra-mail d’Orléans + zones à définir à Saint-Marceau, La Source et dans le centre de chaque ville de la Métropole.

5 Priorité des vélos sur les voitures aux carrefours : généraliser les sas vélos aux feux, synchroniser les feux en faveur de la sécurité des cyclistes (feux spécifiques pour démarrage anticipé, réglages pour une prise en compte plus rapide des « appels à traverser »…)

6 Entretien de la signalisation des aménagements cyclables : réfection régulière des marquages au sol, traversées de carrefours, marquage plus visible des contresens cyclables. Amélioration et homogénéisation de la signalisation.

7 Signalétique : ajout de panneaux de jalonnements (indications de parcours, temps de trajet vers les points d’attractivité…)

8 Aménagement de places surveillées pour les vélos
dans chaque parking en ouvrage. Ajout de points d’attache abrités avec concertation des cyclistes pour mieux réfléchir à la disposition des arceaux et à leur type (ils doivent être facile à utiliser pour les antivols U).

9 Etre associés en amont des projets de rénovation ou d’aménagement de voiries pour apporter un retour d’usager dans une optique pragmatique ; ceci dans le but d’éviter les impacts à très long terme liés à des décisions d’aménagements prises où le vélo a été oublié

10 Réaliser des campagnes de sensibilisation grand public.

 

Suggestions pour favoriser l’essor de la part modale du vélo

Données issues du Baromètre Vélo lancé en mai 2016. Cet outil analyse à un instant T le ressenti de tous les usagers (au sens large) du vélo qui ont bien voulu témoigner de leurs pratiques et de leurs parcours.
> Nombre de réponses : plus de 750 participations, 580 questionnaires complets.


AMÉNAGEMENTS
1 Continuité et cohérence :
• Amélioration du maillage (continuité) des pistes, particulièrement entre les points stratégiques.
• Suppression des ruptures de pistes. Politique d’itinéraires continus plutôt que de tronçons aménagés au gré des travaux de voirie.
• Création pistes cyclables sécurisées sur les axes principaux (sont en général cités les faubourgs, les mails et l’axe pont George V – avenue Dauphine).

2 Proscrire les aménagements mixtes piétons-vélo sur les trottoirs.

3 Création de nouveaux parcs sécurisés pour y mettre son vélo pendant quelques heures ou jours, sans peur du vol. Aménagement de places surveillées pour les vélos dans chaque parking souterrain.

4 Carrefours : priorité des vélos sur les véhicules motorisés. Sas-vélo, départs anticipés, tourne-à-droite…

5 Meilleure signalisation des pistes cyclables pour qu’elles soient prises en considération par les
automobilistes.

6 Concertation avec les cyclistes à l’occasion de chaque nouvel aménagement de circulation ou réfection de voirie.

7 Possibilité réelle de monter dans tous les transports collectifs (y compris bus) avec un vélo, à toute heure. Adapter pour cela éventuellement les voitures tram.

AIDES TECHNIQUES

8 Implantation d’ateliers de petites réparations, de réglages et de conseils, très accessibles, en centre ville. + en période estivale point mobile sur les quais de Loire (parcours Loire à vélo). Multiplier les points de gonflage en centre ville.

SENSIBILISATION
9 Mise en danger des cyclistes : campagne sur les distances de dépassement et le respect des pistes cyclables.

AIDES FINANCIÈRES
10 Aides à l’achat de vélo-cargo, de remorques, de caddie-accrochés, d’antivols de bonne qualité.

 

 

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